Sphinx
Le sphinx de Gizeh est la statue thérianthrope qui se dresse devant les grandes pyramides du plateau de Gizeh, en amont du delta du Nil, dans la Basse-Égypte.
D’une longueur de soixante-treize mètres, d’une hauteur de vingt mètres et d’une largeur de quatorze mètres, le sphinx de Gizeh est une sculpture monumentale taillée dans un promontoire naturel dans le roc. Sa tête est taillée dans un piton de calcaire dur de la plaque Mokattam sur laquelle sont construites les trois pyramides, un piton déjà vénéré aux temps pré-pharaoniques. Il se trouve en avant de la grande carrière qui a fourni nombre de blocs à la pyramide. Sa tête est tournée vers le levant. Le corps du sphinx est celui d’un lion couché et la tête celle d’un souverain portant le némès, le front orné d’un uræus (on distingue encore l’endroit du front où celui-ci était fixé).
Le rôle exact du sphinx dans la culture égyptienne reste sujet à débat. Il est souvent interprété comme un gardien des sites sacrés, un protecteur contre les forces du chaos. Son emplacement stratégique face au Nil et aux pyramides suggère une fonction symbolique liée à la protection du royaume et à l’ordre cosmique. Dans la mythologie grecque, le sphinx prend une forme plus sinistre, celle d’un monstre féminin doté d’ailes, posant une énigme aux voyageurs et dévorant ceux qui échouaient à y répondre. Cette version, popularisée par le mythe d’Œdipe, contraste avec la bienveillance supposée de son homologue égyptien.
Le Grand Sphinx de Gizeh a traversé les millénaires en subissant l’érosion du temps et les outrages des hommes. Sa célèbre absence de nez a donné naissance à de nombreuses légendes, certaines attribuant cette mutilation à des actes de vandalisme, d’autres à des tirs de canon. Malgré cela, il demeure un symbole de l’Égypte antique et continue de fasciner chercheurs et visiteurs du monde entier. Son regard fixe, dirigé vers l’horizon, semble défier les âges, gardien silencieux d’un passé dont il détient encore bien des secrets.

